La MJC Nomade est une association née en 1975 sous le nom de MJC Louvain.

A l’époque, il s’agissait d’une MJC de quartier essentiellement gérée et animée par des bénévoles. Le quartier était constitué de grands appartements confortables où existait une certaine mixité sociale. A partir de 1989, la municipalité de Vandœuvre décide d’y installer un directeur qui s’entoure d’une petite équipe de salariés. De nouvelles activités socioculturelles se mettent alors en place et en particulier des actions en direction des enfants et des jeunes. De nombreuses actions à caractère social sont également développées : cours de Français, d’alphabétisation, accompagnement scolaire…

Ces activités se veulent ouvertes à tous et elles le sont effectivement pour un petit nombre d’entre elles mais rapidement, le quartier Louvain se transforme, la classe moyenne le quitte, les bâtiments se dégradent si bien que le quartier se referme sur lui même et que les personnes extérieures fréquentent de moins en moins la MJC. En même temps, les problèmes de chômage et de délinquance deviennent de plus en plus aigus et les activités en direction des jeunes se développent surtout dans le sens d’une offre de consommation de loisirs. Des relations difficiles s’instaurent entre les groupes de jeunes enclins à exiger tout et tout de suite et l’équipe de la MJC qui se trouve être la seule association présente sur ce quartier de plus en plus dégradé et dévalorisé. La mjc louvain tente de rompre avec son image négative en changeant de nom et devient l’ Espace Socioculturel du Vélodrome (ESCV). Cela ne suffit pas pour modifier la réalité et en 1997, après l’agression par des jeunes du directeur et d’un animateur, la MJC se trouve dans une impasse.

Le quartier devant être réhabilité, les locaux sont rasés et la municipalité héberge le siège social de l’association à l’extérieur d’abord au Parc des sports, puis Allée de Fribourg. Pendant deux ans, la survie n’est assurée que grâce à une petite équipe qui sauvegarde quelques activités hors les murs. Des actions de loisirs en direction des jeunes sont maintenues mais sans que la logique des relations avec eux soit réellement interrogée.

En 1999/2000, la direction et une équipe renouvelée d’administrateurs dessinent de nouvelles orientations. Encouragées par la municipalité, elles rompent avec la politique des loisirs de consommation sans contrepartie pour les jeunes et fait le pari de transformer les difficultés liées à l’absence de locaux en atout.

C’est ainsi qu’elle revendique sa réalité de MJC Nomade et est à nouveau rebaptisée. Pour la nouvelle équipe, le nomadisme est avant tout un état d’esprit d’ouverture aux évolutions du monde, aux différentes cultures, aux technologies, aux sciences… C’est également à cette période que la MJC Nomade utilise l’opportunité du dispositif des emplois jeunes pour diversifier ses activités et les asseoir sur une équipe de salariés enrichie qu’elle s’attelle à former et rendre cohérente vis à vis de ses missions par rapport au quartier et à la ville.